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L’hypnose, ou état de « conscience
modifiée », suscite de nombreux questionnements et
génère de nombreuses croyances.
Certaines attentes sont illusoires et découlent parfois même de
dangereuses « promesses de guérison ». A ma connaissance,
il existe deux formes d’hypnoses.
On distingue l’hypnose directive,
qui déclenche un état de transe par la prise de pouvoir
mental du thérapeute sur le patient. C’est notamment
le cas des hypnoses de spectacle, analgésiques et anesthésiques.
Le procédé consiste alors en une répétition
d’injonctions autoritaires jusqu’à endormissement
de la « conscience » du patient et l’instauration
d’une forme d’assujettissement permettant
une relative prise de pouvoir extérieure sur l’accès
du sujet à ses sens. La pratique de cette première
forme, somme toute très utile à certains usages médicaux,
déclenche aussi une forme d’attente populaire
illusoire, de pouvoir être « endormis
» et se réveiller différents, soignés
comme par magie de ses compulsions et peurs profondes,
sans qu’il y ait de contribution consciente (remise
en question personnelle) à apporter à ce processus
de guérison. Or cette éventualité reste très
rare, à ce jour. De plus, un suivi post-hypnotique s’avère
très important et révèle souvent une
forme de déplacement du problème, qui peut
alors changer de mode d’expression jusqu’à parfois
aggraver le rapport à d’autres domaines de vie.
L’hypnose ericksonienne est beaucoup
plus permissive. Elle vise à « embrouiller
» le conscient du patient, tout en lui laissant le
pouvoir d’aménager, avec ses 5 sens, ce
qu’il vit dans la transe (état de conscience
entre la veille et le sommeil). La transe permettra au thérapeute
de glisser de nombreux types de recadrages, que
ce soit par des imbrications de métaphores
ou par la médiatisation de parties intrapsychiques
en conflit, tout en restant focalisé sur
l’objectif réaliste et validé par le
client. Cette deuxième forme est beaucoup plus douce que
la première. Elle n’en reste pas moins très
puissante lorsque les mécanismes du patient sont clairement
connus du thérapeute. Le thérapeute ne va pas «
commander » au patient de guérir mais plutôt
l’accompagner, à la rencontre de ses incohérences,
peurs, blocages… Toute suggestion thérapeutique
relève alors de propositions que le client, toujours en pleine
possession de ses moyens, est libre de refuser à tout moment.
La communication avec le thérapeute reste possible, au cours
de la transe, ne serait-ce que pour exprimer ses ressentis.
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